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Le Journal d’Anabelle

Hygiène en onglerie : ce que vous ne voyez pas compte autant que le résultat

Désinfection, stérilisation, décollements, infections… Ce que chaque cliente devrait savoir avant de confier ses mains.

Hygiène & santé de l’ongle · Les Soins d’Anabelle Bordeaux

Une belle couleur se voit.

Une finition impeccable se remarque.

Un protocole d’hygiène rigoureux, lui, est presque invisible.

Et pourtant, il fait pleinement partie d’une prestation professionnelle.

Lorsque l’on travaille autour de l’ongle et des cuticules, avec des instruments qui peuvent entrer en contact avec les tissus entourant l’ongle, l’hygiène n’est pas un détail.

Chez Les Soins d’Anabelle, je considère qu’avant même de parler de couleur, de tenue ou de nail art, il faut parler de sécurité.

« Prendre soin de vos ongles, c’est aussi prendre soin de votre santé. »

L’ongle et son contour : une barrière à respecter

La partie visible de l’ongle, la plaque unguéale, est principalement constituée de kératine.

Mais tout autour se trouvent des tissus vivants : le repli proximal, les replis latéraux et l’hyponychium notamment. Ces structures participent à la protection de l’ongle et des tissus sous-jacents.

C’est pourquoi une manucure précise ne doit jamais signifier « retirer le plus de peau possible ».

Le travail du contour de l’ongle demande au contraire de savoir observer, distinguer les tissus et adapter son geste.

Une irritation, une coupure ou une micro-lésion peut constituer une porte d’entrée pour des micro-organismes.

La précision technique doit donc toujours aller de pair avec la prudence.

Nettoyer, désinfecter, stériliser : trois choses différentes

Ces termes sont parfois utilisés indifféremment. Pourtant, ils ne désignent pas la même chose.

Le nettoyage permet d’éliminer les salissures et résidus présents sur les instruments.

La désinfection vise à éliminer ou inactiver de nombreux micro-organismes selon le produit, sa concentration, son temps de contact et les conditions d’utilisation.

La stérilisation, lorsqu’elle est indiquée et réalisée avec un procédé approprié et validé, vise un niveau supérieur : rendre le matériel exempt de micro-organismes viables, y compris les formes particulièrement résistantes telles que les spores bactériennes.

Et un point mérite d’être rappelé : un bac à ultrasons n’est pas, à lui seul, un stérilisateur. Les ultrasons peuvent participer au nettoyage du matériel ; ils ne remplacent pas une véritable étape de stérilisation lorsqu’elle est requise.

« Nettoyer, désinfecter et stériliser ne sont donc ni trois mots interchangeables, ni une seule et même étape. »

Pourquoi autant de précautions ?

Embouts, ciseaux, pinces et autres instruments réutilisables peuvent travailler très près des tissus qui entourent l’ongle.

Même avec une excellente maîtrise technique, une petite effraction cutanée ou un micro-saignement accidentel peut survenir.

Si du matériel contaminé est insuffisamment traité avant d’être utilisé sur une autre personne, il existe alors un risque de contamination croisée.

C’est pourquoi l’hygiène commence bien avant que vous vous installiez à la table.

Elle concerne le traitement des instruments, mais aussi l’entretien du poste de travail, l’hygiène des mains, l’utilisation appropriée du matériel à usage unique et le stockage du matériel préparé.

Ce sont des gestes que vous ne voyez pas nécessairement.

Ils font pourtant partie intégrante de votre prestation.

Quelles maladies ou infections peut-on rencontrer autour de l’ongle ?

Une précision est essentielle : toute anomalie de l’ongle n’est pas une infection.

Une modification de couleur, un décollement, un épaississement ou une déformation peuvent avoir de nombreuses origines : traumatisme, affection dermatologique, allergie, infection ou autre problème de santé.

Une prothésiste ongulaire n’est pas médecin et n’a pas vocation à poser un diagnostic.

En revanche, elle doit savoir observer, reconnaître une situation inhabituelle et décider de ne pas intervenir lorsqu’un doute existe.

Le panaris et les infections bactériennes

Une zone rouge, chaude, gonflée et douloureuse autour de l’ongle, parfois accompagnée de pus, peut être le signe d’une infection.

Différentes bactéries peuvent être impliquées, notamment certaines espèces de Staphylococcus ou Streptococcus.

Dans une telle situation, le rôle de la prothésiste ongulaire n’est pas de masquer l’anomalie sous une pose.

On n’applique pas simplement du gel ou du vernis par-dessus.

On recommande un avis médical lorsque la situation le nécessite.

Les mycoses

L’onychomycose est une infection fongique de l’ongle.

Elle peut notamment provoquer une modification de couleur, un épaississement, une friabilité ou un décollement de la plaque.

Mais attention : un ongle jaune, épais ou abîmé n’est pas nécessairement atteint d’une mycose.

D’autres affections peuvent présenter un aspect similaire.

Le diagnostic appartient donc au médecin ou au dermatologue, qui pourra éventuellement demander un prélèvement avant de proposer un traitement adapté.

Et cet « ongle vert » ?

Une coloration verdâtre sous une pose est parfois appelée, à tort, « champignon vert ».

Elle peut notamment être associée à la prolifération de bactéries du genre Pseudomonas.

Ces bactéries peuvent profiter d’un environnement humide. Or, lorsqu’un décollement se forme entre l’ongle naturel et le produit, de l’humidité peut s’infiltrer et rester emprisonnée.

C’est l’une des raisons pour lesquelles un décollement ne devrait jamais être simplement ignoré, même si la pose semble encore jolie.

Comparaison entre un ongle vert associé à Pseudomonas et une mycose de l’ongle
Ongle vert et mycose : deux situations différentes qui ne doivent pas être confondues. En cas de doute, seul un professionnel de santé peut établir un diagnostic.

Illustration pédagogique — visuel d’inspiration.

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Faire durer sa pose à tout prix : une fausse économie

Je comprends parfaitement la tentation.

Lorsque les ongles sont encore beaux, pourquoi ne pas attendre quelques jours — voire davantage — avant de prendre rendez-vous pour une dépose ou une nouvelle pose ?

Certaines clientes cherchent ainsi à espacer au maximum leurs rendez-vous pour faire des économies.

Mais lorsqu’un décollement est apparu, attendre peut être un très mauvais calcul.

L’espace créé entre le produit et l’ongle naturel peut retenir de l’humidité et des contaminants. Le décollement peut également progresser.

Et plus la pose se soulève, plus la tentation est grande de commencer à la gratter, la soulever ou l’arracher soi-même.

C’est là que l’on risque également d’endommager les couches superficielles de la plaque de l’ongle.

Ce que l’on pensait économiser en repoussant son rendez-vous peut alors aboutir à une dépose plus importante, à une période sans nouvelle pose le temps de laisser l’ongle récupérer ou, lorsqu’une anomalie évoque une infection, à la nécessité de demander un avis médical.

« Faire durer une pose n’est pas la même chose que laisser durer un décollement. »

Si vous constatez un décollement, mieux vaut contacter votre prothésiste ongulaire plutôt que d’attendre ou de tenter de le réparer vous-même.

Et les virus ?

C’est un sujet que l’on évoque beaucoup moins volontiers dans l’univers de la beauté.

Pourtant, dès lors qu’une activité peut exceptionnellement occasionner une effraction cutanée et mettre un instrument en contact avec du sang, la prévention des contaminations croisées est essentielle.

Certains agents infectieux transmissibles par le sang, notamment les virus des hépatites B et C, expliquent pourquoi le traitement rigoureux du matériel n’est jamais superflu.

Cela ne signifie évidemment pas qu’une manucure entraîne normalement une hépatite.

Cela signifie qu’une professionnelle doit appliquer des mesures de prévention adaptées avant qu’un incident ne se produise, et non après.

Savoir aussi dire : « Aujourd’hui, je ne fais pas de pose »

Cela fait également partie du métier.

Une professionnelle de l’ongle n’établit pas de diagnostic médical.

Mais face à une plaie, une inflammation importante, du pus, une douleur inhabituelle, une coloration inexpliquée ou un aspect qui lui paraît suspect, elle doit pouvoir décider de ne pas intervenir.

Parfois, le geste le plus professionnel n’est donc pas de réaliser une jolie pose.

C’est de dire :

« Je préfère ne pas intervenir sur cet ongle aujourd’hui. Faites-le d’abord examiner. »

Et cette décision ne traduit pas un manque de savoir-faire. Elle traduit au contraire une certaine conception de la responsabilité professionnelle.

Une pose à 35 € ? Une pose à 65 € ? Posez-vous aussi la question de ce qui se trouve derrière le prix.

Un tarif, à lui seul, ne garantit ni la qualité ni la sécurité d’une prestation.

Une pose à 65 € n’est pas automatiquement plus sûre qu’une pose à 35 €, pas plus qu’un tarif moins élevé ne prouve l’absence d’un protocole sérieux.

Mais une différence de prix peut légitimement vous amener à poser une autre question :

« Qu’est-ce qui est compris dans ma prestation ? »

La qualité et la traçabilité des produits, le temps consacré à la préparation de l’ongle, la formation, la technicité du geste, les consommables à usage unique, l’entretien du poste de travail, le traitement du matériel réutilisable, son conditionnement et son stockage, le temps consacré entre deux clientes ou encore le suivi de la pose représentent tous du temps, du matériel et un coût.

Ne choisissez donc pas uniquement votre prothésiste ongulaire en comparant deux chiffres.

Questionnez aussi ce que ces chiffres recouvrent.

Les 4 questions essentielles à poser à votre prothésiste ongulaire

01

Désinfectez-vous et stérilisez-vous votre matériel entre chaque cliente ? Et comment ?

Une réponse précise vous permettra de comprendre ce qui est réellement réalisé derrière ces mots.

02

Quels produits utilisez-vous ? Pourquoi les avez-vous choisis ?

Une professionnelle devrait pouvoir vous parler des produits qu’elle applique, de leur provenance et des raisons qui guident ses choix.

03

Quels sont les risques liés à une prestation d’onglerie ?

La réponse peut vous en apprendre beaucoup sur sa connaissance des contaminations croisées, des infections, des allergies, des blessures ou encore des décollements.

04

Que faites-vous lorsque vous constatez une anomalie sur un ongle ?

Une professionnelle doit également savoir reconnaître les limites de son métier et vous orienter vers un professionnel de santé lorsqu’une situation sort de son champ de compétence.

« Une professionnelle sérieuse ne devrait pas être gênée par ces questions. Elle devrait pouvoir vous expliquer sa façon de travailler. »

Chez Les Soins d’Anabelle, ce que vous ne voyez pas compte aussi

Lorsque vous choisissez une prestation, vous choisissez évidemment un résultat esthétique.

Une couleur.

Une forme.

Une finition.

Une tenue.

Mais pour moi, vous choisissez aussi tout ce qui se passe avant votre arrivée et entre deux rendez-vous.

Le traitement du matériel.

La préparation du poste de travail.

Le choix des produits.

L’observation de l’ongle avant de commencer.

Et la décision, parfois, de ne pas réaliser une prestation.

Cette partie du travail est beaucoup moins photogénique qu’un magnifique rouge ou qu’un ongle bijou.

Pourtant, elle est essentielle.

« Parce que le véritable luxe ne réside pas seulement dans ce qui se voit. Il réside aussi dans l’attention portée à ce que vous ne voyez pas. »

Observer. Prévenir. Respecter. Nettoyer. Désinfecter. Stériliser lorsque le protocole et le matériel le requièrent. Et savoir parfois ne pas intervenir. C’est aussi cela, prendre soin de vos mains.

Anabelle

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